Impossible de tout dire en une page, je m’y risque. On ne naît pas communiste, on le devient. De mon adolescence au cœur des Mauges de la Chouannerie, à Cholet, je me souviens que mon père, prof de « la laïque », était « compagnon de route » du PCF. Mais tous mes copains d’école étant cathos et allant au « patro du curé » , réalisme oblige, le jeudi après-midi j’y allais aussi pour être avec eux. Pourtant, je suis resté un fieffé mécréant de la génération Vaillant/Pif-Gadget.

Chtimi d’origine, comme le Camarade Fabien ROUSSEL, je suis issu d’une fratrie de six Garçons, avec une Maman au foyer ayant quitté le monde du travail à l’usine pour s’occuper de ses enfants, et un père Agent EDF/GDF. Mon Grand-Père et mon Arrière-Grand-Père ont été faits prisonniers de guerre et envoyés en Allemagne. Ils m’ont raconté la guerre et étaient des grands militants pour la paix. Mes parents nous ont raconté l’exode, car les Boches, comme disait ma mère, sont à chaque fois rentrés par la Belgique et il fallait fuir, ne sachant ce qui allait leur arriver.

Je suis au parti communiste car je suis contre toutes les formes d’injustice, pour l’égalité entre les femmes et les hommes, la laïcité et pour la paix. Au niveau international, après la guerre au Vietnam que j’ai découvert enfant, l’apartheid en Afrique du Sud jeune femme, c’est depuis quelques années le blocus américain contre Cuba et l’apartheid israélien en Palestine qui sont devenus une partie de mes batailles, ainsi que la défense des droits LGBTQI+.

Après 55 ans de PCF, adhérent en 1966 comme lycéen et dans une famille de communistes où je côtoyais Léonie KERIVEL qui s’était proposée d’être fusillée à la place de Guy MOQUET et restée ainsi avec son mari Eugène KERIVEL ; il m’est difficile de privilégier des événements.

Toutefois, je me souviens du collage d’affiches et des distributions de tracts dès 14 ans avec mon père (premiers actes militants).

« 1974 : j’arrive à Rennes pour y faire des études de chimie. Premier contact avec l’UEC à la fac pour empêcher le GUD (extrême droite) d’investir le campus. C’est à ce moment que je perçois l’importance des communistes et du parti pour la défense des libertés et acquis sociaux, pour avancer toujours plus vers une société de progrès.

« Être membre du Parti Communiste Français n'était assurément pas inscrit dans mon environnement éducatif même si la guerre et la police française aux ordres de Vichy avaient laissé quelques traces douloureuses.

Mon premier souvenir politique date de 1958, j'étais présent au verre de muscadet entre mon grand père et le voisin (j'avais droit à un jus de fruit).

« Je viens d’une famille où ne parlions pas de politique mais, qui, à chaque élection, votait par devoir citoyen et je le pense aussi par conviction.

« Dès mon adolescence, dans les repas familiaux, la discussion prenait un tour politique. Mon père travaillait à EDF, mes oncles également, un autre aux PTT et un dernier était infirmier à l'hôpital public de Quimper. Ils n'étaient jamais d'accord car certains défendaient la CFDT et le PS, d'autres la CGT et le PCF. Je pense que c'est à ces moments là que j'ai pris conscience de la nécessité de s'organiser collectivement pour défendre ou obtenir de nouveaux acquis,

« Printemps 1963 : j'adhère au Parti à l'issue d'un meeting mené par Jeannette Vermersch, salle Bel Air à Nantes. C'est mon frère Roland qui militait beaucoup, qui m'a donné ce bulletin d'adhésion. Je me souviens lui avoir dit : "tu sais, je ne serai pas comme toi, je ne militerai pas !" Pourtant depuis 57 ans j'en ai passé des soirées, des week-ends aux porte-à-porte, aux réunions, aux adhésions, meetings, manifs ! Une vie militante quoi !!!

« C’est en 1955, que j’adhérais à l’UIJRF, l’ancêtre des Jeunes Communistes, et à la CGT. Je venais de terminer mon apprentissage aux Chantiers Navals, les ACB et j’intégrais l’atelier de Chaudronnerie, ceci en plein conflit « LES GREVES DE 55 ». A cette époque, le local de l’UJRF était situé en bas du marché de Talensac où nous allions vendre l’Avant Garde, ce fût mes premières actions militantes. En 1957, avec la délégation de Loire Atlantique, je suis allé au Festival de la Jeunesse à Moscou.

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