"Il va m’être difficile de ne pas associer ma vie de militante de base (section) avec mon travail à la fédé. Il fallait forcément être militante pour pouvoir « tenir » à la fédé.

« La Fédé du Parti » je crois bien que j’en ai toujours entendu parler ! Quand j’étais enfant notre père partait quelquefois « garder » la fédé rue des Cadeniers à Nantes. Un soir elle a été saccagée (1955 ? 1956 ?) Tout le matériel passé par les fenêtres.

Je suis pupille de la nation, ma maman a élevé seule ses 3 enfants, nous habitions alors un village en Lorraine.  Je l’ai tellement vue pleurer, tant la vie était dure. Enfant je ne comprenais pas tout,  mais une hargne s’est emparée de moi. Voir les grenouilles de bénitiers, le curé et les bonnes sœurs nous maltraiter à l’école parce que nous étions pauvres, idem pour les notables du coin, le pharmacien qui lui faisait payer les médicaments alors qu’il se faisait rembourser par l’A.M.G. 

Institutrice depuis 1934, Marthe Gallet exerça son métier dans la proche région nazairienne, puis à Saint-Nazaire à partir de 1947. Elle adhéra au SNI, mais consacra la plus grande partie de son activité militante aux organisations féminines du Parti communiste. Elle milita d’abord aux jeunesses communistes puis à l’Union des jeunes filles de France (UJFF) dont elle devint la secrétaire départementale. Au sein du comité d’aide à l’Espagne républicaine, l’UJFF nazairienne s’occupa d’actions de solidarité en faveur de réfugiés espagnols arrivés à Saint-Nazaire par bateaux.

Adolescent, je voulais être comme mon père : ouvrier. L’école ça ne me branchait pas trop, par contre j’aimais bricoler, me servir de mes mains. C’est ainsi qu’à 14 ans j’ai passé et réussi le concours pour être apprenti dans une grande entreprise de la métallurgie nantaise, je rentre ainsi là où travaillait mon père : aux Batignolles.

Très jeune je me retrouve comme je le souhaitais dans ce monde ouvrier que j’avais côtoyé tout jeune au côté de mon père lors des grandes grèves des années 50 de la métallurgie.

En 1946 est diffusé à Trignac le film de René CLEMENT « La bataille du rail » qui relate la Résistance des cheminots contre l’occupation et la répression nazie et contre la collaboration de Vichy. Avec un frère ainé, qui milite à l’UJRF, nous allons pour voir le film, la salle est archi pleine et nombreux sont ceux qui restent à l’extérieur, mécontents de ne pouvoir assister à la projection, dont de nombreux communistes de la région, puisque le film n’est, semble-t-il, diffusé qu’à Trignac. 

Mon enfance s’est passée à Herbins quartier de Saint-Nazaire, dans les logements provisoires d’après guerre, nous étions  « les gens des baraques »; que des familles nombreuses, où se nouait une grande solidarité. 

Une enfance joyeuse, sereine ; la rue était notre terrain de jeux, entre les camionnettes des marchands ambulants, la salle de bain c’était le baquet. Mais, aînée de 5 enfants à l’époque, j’avais l’eau propre. Seul mon père travaillait. La cellule du quartier veillait à l’entraide pour le charbon, les denrées ou les vêtements, nos parents nous protégeaient. Toutes les femmes de la cité, s’occupaient des en-fants, du ménage, faisaient bouillir la marmite. Moi, je voulais être comme mon père : responsable syndical.

Avec des parents engagés, c’est très naturellement que Gérard Rastel est entré en politique : sa mère faisait partie du Comité de libération d’Henri Martin pendant la guerre d’Indochine et son père, travaillant comme docker, a participé du mouvement qui refusait le déchargement des armes américaines dans le cadre de la guerre de Corée. À 12 ans, « Gégé » était porte-drapeau pour « l’Union des vaillants et vaillantes » aux commémorations de Chateaubriant.

J’ai adhéré au Parti en 2007. J’étais à l’époque étudiante à Angers. Dès le début de mes études en 2004, je me suis investie dans le syndicalisme étudiant à l’UNEF. J’y ai rencontré des camarades, communistes pour certains. L’année 2006 a été la plus marquante avec la mobilisation contre le Contrat Première Embauche. A Angers comme partout ailleurs en France, la mobilisation étudiante notamment a été massive et intense. Un comité de mobilisation s’est mis en place avec les syndicats et organisations étudiantes.

Je me suis fixé à Saint-Joachim, j’étais porteur de l’accent de mon village situé aux environs de Montpellier, et lorsque j’ai été élu maire, mes collègues se sont exclamés : « comment a-t-il fait pour se faire accepter ? ». Mon intégration s’est faite sur tous les plans : j’ai été délégué du personnel à l’aérospatiale ; j’ai habité deux quartiers différents de la commune ; j’ai épousé une Briéronne ; j’ai pris la décision mûrement pesée d’adhérer au parti communiste français ; et j’aime cette localité où je défendrai ardemment les Moyon, les Vince, les Aoustin… et les autres avec qui on se sent si bien vivre. Une autre forme d’encouragement est le combat militant à l’usine.

Dans le cadre du centenaire du Parti communiste français, les Nouvelles de  Loire-Atlantique demandent à un certain nombre de militantes et de militants du département de se raconter. Chacun sera invité à dire, entre autres choses, ce qui l’a fait rejoindre le PCF, ce qui l’a marqué dans le cadre de son engagement ou encore comment il ou elle perçoit l’avenir du Parti... Cette suite de témoignages issus de générations différentes permettra de multiplier les points de vue et de donner une vision d’ensemble sur le communisme en Loire-Atlantique.

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